06
mai 09

Les AMAP : on a tous à y gagner !!!

Depuis les années 80, on observe en France une disparition des petits commerces au profit des grandes surfaces (Auchan, Leclerc….). Ces dernières ont la main mise sur le marché et exercent une pression sur leurs fournisseurs en tirant les prix vers le bas.« Au plus fort de la crise de l’été 2004, rappelle Raymond Girardi, les super et hypermarchés vendaient 2,5 € le kilo de tomate qu’ils avaient payé 0,35 € au paysan »*.
De plus, alors que les grandes surfaces sont payées quand les consommateurs passent à la caisse, elles paient leurs fournisseurs à 30 voire 45 jours après livraison. Ces fonds de trésorerie font l’objet de placements boursiers qui génèrent de nouveaux bénéfices. A contrario, les agriculteurs doivent prendre sur eux et anticiper les délais de paiement des supermarchés.
En parallèle, on observe surtout depuis 2, 3 ans une augmentation du coût de la vie. Celle ci se manifeste par une montée des prix des fruits et légumes. Pour sauver la planète et être en bonne santé, on nous invite vivement à manger des produits bio et locaux. (cf article Fondation Nicolas Hulot : Manger local c’est une question de bon sens)
Face à ce constat, que faire? Que faire pour éviter la dictat des supermarchés? Que faire pour aider les agriculteurs, ces personnes qui sont garantes de l’origine et de la qualité des produits? Que faire pour acheter des produits bio de saison sans se ruiner? Une solution : les AMAP : Aide au Maintien d’une Agriculture Paysane.
C’est pour mieux comprendre comment fonctionne une AMAP que j’ai rencontré Ahmed et Marine , respectivement agriculteur et présidente de l’AMAP de l’Ourcq (Paris 19).

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08
avr 09

Protège la forêt avec WWF en consommant Lagom

Depuis le cri d’alarme lancé en 1993 lors de la conférence de Rio, la déforestation n’a malheureusement pas diminuée. 13 à 14 millions d’hectares de forêts disparaissent encore tous les ans. Les forêts tropicales sont les plus touchées par ce phénomène. Les causes de la déforestation sont essentiellement liées la transformation de la forêt en cultures agricoles (soja, huile de palme) et la surexploitation du bois. Cette déforestation a des conséquences graves au niveau climatique (modification des régimes de pluie, émissions de gaz à effet de serre estimées à 20%), et au niveau de la perte de la biodiversité. De plus, on estime que plus de la moitié des espèces animales et végétales vivant en milieu terrestre se trouvent dans les forêts. C’est pour mieux comprendre ce phénomène et surtout pour savoir comment en tant que consommateurs nous pouvons lutter contre la déforestation que j’ai rencontré Emmanuelle Neymourande, responsable Forêt au WWF.

Evaluation Be Lagom d’une consommation protégeant les forêts


Les cultures du soja, de l’huile de palme et la surexploitation du bois sont les principales causes de la déforestation. Nous nous appuierons donc sur ces dernières pour l’évaluation Be Lagom.

Evaluation Be Lagom du soja

Empreinte environnementale

Le soja fournit 90% des protéines pour l’alimentation animale en France. Or la France est complètement dépendante des importations pour le soja, dont 74% vient du Brésil. C’est ainsi un cinquième des exportations du soja produit par le Brésil qui vont vers la France. Un Français mange en moyenne 92 kg de viande, 250 œufs et une centaine de kilos de produits laitiers chaque année, ce qui nécessite une surface cultivée en soja de 458 m² par habitant pour répondre aux besoins en alimentation animale. . Or les nouvelles plantations de soja, qui prennent place suite à l’augmentation de notre consommation, causent une déforestation de l’Amazonie. Ainsi un Français est responsable de la déforestation de 16 m2 de forêt amazonienne par sa consommation de viande.
Pour lutter contre la déforestation, nous devons :
  • Limiter notre consommation de viande.
  • Remplacer au moins 2 ou 3 fois par semaine la viande par des protéines végétales (mélange de céréales et de légumineuses : très équilibré sur le plan nutritionnel) et 2 ou 3 fois par semaine par du poisson certifié MSC, pour un poisson sauvage, ou d’un élevage de proximité pour le poisson d’élevage, des produits laitiers ou des œufs, car ces derniers nécessitent moins de soja.
  • Préférer des viandes à faible empreinte (lapin et volaille), la viande bio même si cela ne garantit pas toujours l’absence de déforestation, les élevages extensifs (c’est le cas le plus souvent pour les appellations AOC/AOP, le Label Rouge, les races à viande pour le bœuf) et la viande produite localement.
  • Pour l’agneau, privilégier l’agneau d’herbe (40% de la production française) à l’agneau de bergerie qui consomme de 1 à 8 kg de soja par jour selon son âge.
  • Privilégier les animaux élevés à l’herbe.
  • Utiliser notre pouvoir de consommateur pour encourager des systèmes de production durable et exiger de la transparence (étiquetage de la présence de soja OGM ou non) en écrivant aux industriels et distributeurs pour leur demander quelles sont les garanties environnementales et sociales sur le soja utilisé.

Approche économique

L’une des meilleures manières de lutter contre la déforestation serait de ne plus manger de viande. Or, en France, pays de la gastronomie cela semble difficile de changer radicalement nos habitudes. Sachez tout de même que « être végétarien a un coût mais il est dérisoire en comparaison avec celui nécessaire pour une alimentation carnée »*.
L’autre alternative est de manger des viandes à AOC type Label Rouge. Cela représente un coût mais si on mange moins souvent de la viande et que la qualité est meilleure, on s’y retrouve.

Apports sociaux

Consommer de la viande AOC local permet de préserver des emplois dans nos régions.

Apports culturels

Consommer local en achetant sa viande chez le boucher ou directement auprès du producteur vous permettra de créer des liens avec vos concitoyens et de savoir qui produit ce que vous mettez dans votre assiette.

Evaluation Be Lagom de l’huile de palme

Empreinte environnementale

Pour répondre aux besoins des industriels, 1.5 millions d’hectares de forêt vierge sont déboisés chaque année (soit 1 terrain de foot toutes les 15 secondes). En effet, l’huile de palme est présente dans un produit de grande consommation sur dix vendus en Europe. En remplaçant ces forêts par des cultures telles que le palmier à huile, la biodiversité passe de 100% dans une forêt primaire indonésienne à 1% dans les monocultures de palmiers. Des animaux emblématiques comme l’orang-outang ou l’éléphant sont menacés de disparition. De plus, les planteurs de palmiers à huile déboisent en provoquant des incendies responsables d’importantes émissions de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique. C’est ainsi que l’Indonésie est le troisième émetteur de gaz à effet de serre au niveau mondial derrière les Etats Unis et la Chine. A ce rythme, on estime que la forêt vierge indonésienne aura quasiment disparue dans 30 ans.
17 m² de palmiers à huile sont nécessaires pour satisfaire les besoins annuels d’un Français dont 9 m² sur des zones déboisées de forêts tropicales en Indonésie et Malaisie. 61% des chips contiennent de l’huile de palme et 26% des biscuits en moyenne (parfois à hauteur de 40% des ingrédients)! L’huile de palme est très utilisée dans les cosmétiques et produits d’hygiène (savons, shampooing, maquillage, produits vaisselle…). Le terme « matière grasse végétale » cache très souvent de l’huile de palme.
Pour lutter contre la déforestation, nous devons :
  • Diminuer notre consommation en produits contenant de l’huile de palme : frites, chips, biscuits, sauces, mayonnaises, pâtes à tarte, pâtes à tartiner…etc
  • Eviter d’acheter si l’étiquette mentionne « matière grasse végétale » sans plus de précisions.
  • Identifier sa présence dans les cosmétiques : son nom latin est Elaeis guineensis, mais on peut aussi trouver : Palm acid (dérivé de l’huile de palme), Sodium palmate pour l’huile de palme et Sodium palm kernelate pour l’huile de palmiste.
  • Privilégier les produits issus de l’agriculture biologique, car, à ce jour, ils ne proviennent pas de la déforestation même si le critère n’est pas inclus dans le cahier des charges.
  • Utiliser notre pouvoir de consommateur pour encourager des systèmes de production durable en écrivant aux industriels et distributeurs pour leur demander quelles sont les garanties environnementales et sociales de l’huile de palme utilisée.

Approche économique

Pour beaucoup de familles françaises, manger des chips et des biscuits fait partie intégrante de notre culture, notamment au moment de l’apéro. Néanmoins, elles ne sont pas vitales. On peut donc s’en passer ou limiter notre consommation surtout si un bon repas nous attend derrière. Ne pas en consommer ou en consommer moins c’est faire des économies.
Pour les cosmétiques, favoriser l’achat de cosmétiques bio. Ils sont un peu plus chers mais meilleur pour la peau car naturel (sans produit chimique)

Evaluation Be Lagom de la surexploitation du bois

Empreinte environnementale

Selon WWF, un hectare de forêt tropicale disparaît toutes les deux secondes, et avec lui de nombreuses espèces d’animaux et de végétaux s’éteignent, parfois même avant d’avoir été découvertes par l’homme… C’est une précieuse source d’approvisionnement en matières premières qui disparaît avec ces espèces (bois, médicaments, aliments…). En effet, les forêts abritent plus de la moitié des espèces vivantes terrestres et 350 millions de personnes en dépendent directement pour leur survie.

Ce bois est utilisé pour produire du papier mais également des objets en bois. Or près de 40% des importations de bois tropical seraient d’origine illégale. La France est l’un des principaux importateurs de bois tropical en Europe et le premier importateur de bois africains. Les consommateurs publics et privés ont donc un rôle important à jouer.
Pour protéger la forêt, nous devons :
  • diminuer le plus possible notre consommation de papier
  • privilégier en priorité les papiers recyclés post-consommation, c’est à dire issus de papiers ayant déjà servis au moins une fois (et non avant leur utilisation, comme des déchets d’usine). Les papiers hygiéniques ne pouvant pas être recyclés après usage, il est particulièrement important qu’ils soient fabriqués à partir de papier recyclé. Les labels Ange Bleu, FSC recyclé, ou Apur 100% vous le garantissent. A défaut, le papier fabriqué à partir de fibres vierges certifiées FSC vous assure que la forêt dont sont issues les fibres de bois a été bien gérée.
  • Recycler les papiers et imprimés usagés.
  • Acheter des parquets et meubles en bois portant le label FSC (gestion saine et durable des forêts)
  • Sinon, privilégier des fabricants près de chez nous utilisant du bois local, ce qui limite l’impact du transport et l’exploitation illégale des forêts tropicales.

Approche économique

Peu d’information à ce sujet. Ce qu’il y a de sûr c’est qu’un label a toujours un prix. Acheter du bois FSC devrait donc coûter plus cher. Idem pour l’achat de bois local. « En France, le travail est encadré par des lois et des normes sociales strictes. Les salariés des entreprises bénéficient d’une couverture sociale et de conditions de travail contrôlées, notamment en matière de sécurité. Ces exigences législatives françaises entraînent un surcoût mais c’est le prix de la « haute qualité sociale » dont bénéficient les employés. Favoriser les achats de bois transformé localement c’est être sûr de consommer un produit réalisé dans des conditions de travail et de sécurité rigoureuses »**.

Apports sociaux

Acheter du bois local contribue au développement local. « La filière bois-papier française représente 500 000 emplois. Les professionnels de la filière bois estiment par ailleurs que 40% du potentiel forestier français est inexploité, ce qui rend possible la création de nouveaux emplois. Aujourd’hui, un bois qui vient de l’autre bout du monde coûte parfois moins cher que certains bois locaux et cette situation économique menace des métiers traditionnels comme le bûcheronnage manuel ou les artisans menuisiers »**.

Bilan et critiques

La déforestation est un phénomène mondial qui touche principalement les forêts tropicales. Parce qu’elles absorbent un cinquième des émissions humaines de gaz carbonique, les forêts tropicales sont essentielles à la vie humaine sur terre***. Pour lutter contre la déforestation, je vous invite donc à :
  • manger moins de viande ou de la viande AOC
  • réduire votre consommation biscuit et de chips
  • diminuer votre consommation de papier et d’utiliser du papier recyclé
  • acheter des cosmétiques bio
  • acheter du bois local ou FSC pour construire votre maison ou la meubler.

Pour plus d’infos :




04
mar 09

Alter Eco : c’est si bon de changer le monde!

Un milliard d’agriculteurs dans le monde possèdent une surface agricole cultivée de moins d’un hectare et gagnent entre 50 et 500 €/an*. Ce milliard d’agriculteurs avec leurs familles représentent plus de la moitié de la population mondiale. Puisqu’il travaille avec ces petits producteurs, le commerce équitable ne s’attache pas à une minorité, à un épiphénomène mais bel et bien à un enjeu majeur, planétaire qui concerne plus d’un individu sur 2. Devant ce constat, je me suis dit qu’il serait intéressant de rencontrer l’une des figures emblématiques du commerce équitable en France en la personne de Tristan Lecomte.

Les produits Alter Eco


Evaluation Be Lagom d’Alter Eco

Approche économique

  • Prix : A qualité égale, les produits Alter Eco sont en moyenne 5 % plus chers que les produits issus de réseaux conventionnels alors que la matière première est achetée 70 % au-dessus du prix du marché.

Empreinte écologique

  • Bio : Les produits Alter Eco sont issus de l’agriculture biologique ou en conversation vers le bio. Ils ne polluent pas les nappes phréatiques, préservent la santé des producteurs ainsi que les écosystèmes.
  • Neutre en CO2/compensé : Le chocolat Alter Eco est compensé. Comme expliqué dans la vidéo, Alter Eco a fait un bilan carbone c’est-à-dire qu’ils ont calculé toutes les émissions de Co2 sur toutes les étapes de la production et de commercialisation du chocolat. Ce chiffre a été multiplié par le nombre de tablettes vendus en 2008 et a permis de savoir combien d’arbres il est nécessaire de planter pour que le chocolat Alter Eco soit compensé en CO2. Cet argent a été investi dans un projet de reforestation dans la région de Saint Martin en Amazonie péruvienne dans la coopérative qui fournit elle-même le cacao. Pour le chocolat et l’ensemble des émissions d’Alter Eco, cela correspond à environ à la plantation 15 000 arbres. A noter que d’ici fin 2009, tous les produits Alter Eco seront compensés. La démarche d’Alter Eco peut se résumer en 3 étapes : 1. Mesurer les émissions CO2 liées à leurs activités ; 2. Réduire leurs émissions de CO2 ; 3. Compenser leurs émissions de CO2

Apports sociaux

  • Statut juridique : Alter Eco est une Société Anonyme principalement (57.13 %) contrôlé par de petits investisseurs individuels et des salariés qui partagent tous les valeurs et le projet d’Alter Eco.
  • Les matières premières sont achetées en moyenne 70% au dessus des prix du marché.

Ce que touchent le producteur et la coopérative varie d’un produit à l’autre. Je vous propose 2 exemples parlants :

Dans une tablette de chocolat de 100g à 2,19 euros :
• Les producteurs de cacao au Pérou touchent 15 cts d’euros quand sur le marché conventionnel il toucherait 10 cts (+50%)
• La coopérative elle, est payée 21 cts quand sur le marché conventionnel elle toucherait 18 cts (+17%)

Dans une boite de thé du Sri Lanka de 40 g à 2,50 euros :
• Les producteurs de thé touchent 18 cts d’euros quand sur le marché conventionnel il toucherait 9 cts (+100%)
• La coopérative elle, est payée 31 cts quand sur le marché conventionnel elle toucherait 9 cts (+345%)

Voilà deux exemples intéressants : l’un est un produit transformé au nord (chocolat), l’autre transformé au sud. Ce sont les producteurs eux-mêmes qui confectionnent les boites en feuille de palme ce qui leur garantit un revenu supplémentaire.

  • Transformation : En moyenne sur la gamme de produits Alter Eco, 26 % du prix de vente des produits retournent dans leurs pays d’origine, contre 6-8% pour des produits conventionnels et 12-13% si Alter Eco se contentaient d’acheter les matières premières aux standards Max Havelaar, sans faire transformer ses produits sur place.
  • Bénéficiaires du Commerce Equitable : 1,4 millions de familles dont 160 000 producteurs travaillant directement avec Alter Eco.

Apports culturels

Sur le site d’Alter Eco, Il existe un espace communautaire où il est possible de militer, s’informer(Alter Eco organise depuis près de dix ans des réunions mensuelles ouvertes à tous et gratuites), donner son avis , laisser parler sa fibre artistique (possibilité d’envoyer vos œuvres) , se détendre (recettes…) et de s’interroger.
Pour reconnecter le producteur et le consommateur dans une relation humaine, de partage, Alter Eco a mis en place plusieurs opérations notamment  » Dessine ton Alter Héros du Commerce Equitable « . Les plus beaux dessins sont exposés sur le site d’Alter Eco et leurs auteurs vont recevoir des tablettes de chocolat. Les dessins seront par la suite échangés entre les enfants du sud et ceux du nord.

Bilan et critiques

Alter Eco est un importateur et distributeur de produits issus du Commerce Equitable. Leur démarche s’inscrit dans la transparence et le jusqueboutisme afin d’améliorer les conditions de vie des producteurs du sud. En témoigne, le choix d’aller au-delà des exigences des standards Max Havelaar, de proposer que des produits bio ou en conversion vers le bio, de compenser leurs émissions de CO2 mais aussi d’augmenter la part qui revient au pays de production. Malgré tous ces efforts par rapport aux hommes et à l’environnement, Alter Eco propose des prix compétitifs (cf approche économique). Ces choix permettent à Alter Eco de se distinguer des marques de grandes distributions qui lancent les unes après les autres leurs gammes de produits aux standards Max Havelaar mais aussi d’Ethiquable qui pour ne pas augmenter le prix de vente a fait le choix de ne pas proposer des produits certifiés AB. A noter tout de même qu’Alter Eco est une société anonyme dont une partie du capital est détenue par des investisseurs extérieurs alors qu’Ethiquable a une démarche plus altruiste avec son statut de coopérative.
Pour terminer, je dirai qu’Alter Eco a une démarche profondément sincère et progressiste. Il semble également avoir une longueur d’avance sur leurs concurrents directs concernant la prise en compte de l’environnement. Toutefois, comme évoqué par Tristan Lecomte lors de l’interview « le commerce équitable est un processus très long qui aide bien souvent les producteurs à mieux survivre ». Doit-on alors parler de commerce équitable ou de commerce un peu plus équitable ? Que doivent faire les importateurs et distributeurs de produits « équitables » ? Améliorer la rémunération des petits producteurs mais aussi des différents intermédiaires au risque d’avoir un prix de vente qui ne sera plus accessible au grand public ? Est-ce que cela ne va pas d’ailleurs être source de tensions dans les pays de production si pour le même travail un producteur gagne 100 et un autre 200 parce qu’il travaille avec des distributeurs « équitables » ? Et qu’en est-il pour le consommateur ? Est il juste bon à consommer?
Mon avis là dessus est que bien sûr il faut mieux consommer des produits issus du Commerce Equitable, notamment ceux d’Alter Eco qui est exemplaire en la matière, que des produits conventionnels mais ce n’est pas une fin en soi. Comme le souligne Tristan Lecomte « acheter une plaquette de chocolat Alter Eco n’est que le début d’une démarche, d’une prise de conscience qui va nous amener à changer positivement le monde ».

Pour plus d’infos :
www.altereco.com

*P.22 Le commerce sera équitable – Tristan Lecomte – Editions Organisation(chiffre tiré d’un rapport de la FAO)


03
nov 08

Ethiquable : commerce équitable

« Trade no aid ». Lancé par les représentants du Tiers-monde en 1968 à la deuxième conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (New Delhi), ce slogan, montre que plus que d’une assistance financière, c’est d’un commerce juste donc les pays en développement ont besoin. C’est ce que propose la coopérative ETHIQUABLE. Créé il y a 5 ans, ETHIQUABLE, un des principaux acteurs du commerce équitable en France, propose une large gamme de produits alimentaires.
C’est parce qu’ETHIQUABLE rime avec consommation Lagom (intelligente) que j’ai rencontré l’un de ses co-fondateur Rémi Roux.

Comparatif de répartition des profits entre un chocolat ETHIQUABLE et un chocolat conventionnel


Evaluation Be Lagom d’EQUITHABLE

Approche économique

A qualité égale, les produits Ethiquable sont entre 3 et 15 % plus chers que des produits dit conventionnels. Ce prix est justifié car ETHIQUABLE fait en sorte que chaque intervenant y trouve son compte (cf schéma ci-dessus et apports sociaux)

Apports sociaux

  • Conditions de travail : ETHIQUABLE garantie des salaires décents aux producteurs du sud conformes au label Max Havelaar. ETHIQUABLE verse une prime au développement aux producteurs du sud
  • Répartitions des richesses : demande à ses partenaires distributeurs de réduire leurs marges (25% du prix du produits – les marges usuelles sont en moyenne autour de 40%).
  • Structure juridique : ETHIQUABLE est une SCOP, entreprise coopérative. Son originalité tient dans le fait que les salariés coopérateurs sont associés majoritaires de l’entreprise dont ils détiennent au moins 51 % du capital et 65 % des droits de vote.

Empreinte écologique

80% organisations de producteurs partenaires d’ETHIQUABLE sont certifiées bio. Dans ce cas ETHIQUABLE achète les produits aux conditions des cahiers des charges équitable et bio, même si la mention du label bio n’apparaît pas sur l’emballage.

Apports culturels

ETHIQUABLE sur son site internet et son packaging explique comment sont fabriqués leurs produits.

Bilans et critiques

Au regard de ses pratiques au sud (commerce équitable) comme au nord (entreprise coopérative), ETHIQUABLE semble être une entreprise plus que sincère. Leurs produits sont bons et en plus ils respectent les hommes et un peu la planète (tous les produits ne sont pas bio). En revanche, je pense qu’ETHIQUABLE pourrait aller encore plus loin dans sa démarche en compensant ces émissions de CO2 liés à la production, au transport et à la vente de ses produits. A savoir, peut être qu’il s’agit des projets avenirs d’ETHIQUABLE.

Pour plus d’infos

www.ethiquable.com/
www.maxhavelaarfrance.org/


29
sept 08

Les Biocoop : une expérience unique de commercer autrement

Selon une enquête réalisée par l’agence BIO pour le CSA, en 2005 47 % des français ont consommé au moins une fois par mois un produit issu de l’agriculture biologique (ils étaient 37 % en 2003) et 24 % au moins une fois par semaine. Devant ce succès grandissant, les grandes enseignes se sont mis au bio en proposant de plus en plus de produits issus de l’agriculture biologique(sans traitements ni pesticides) dans leurs rayons. D’autres n’ont pas attendu cet engouement pour proposer ce type de produits. Vous l’avez peut être deviné, je parle bien évidement des Biocoop qui proposent au moins 80 % de produits alimentaires issus de l’agriculture bio.
Pour vous éclairer sur leurs fonctionnements, j’ai rencontré Olivier Mugler, gérant du magasin Canal Bio à Paris dans le 19ème, Ce magasin est sociétaire du réseau Biocoop et je laisse le soin à son gérant de vous le présenter.

Evalutation Be lagom : Les biocoop & les grandes surfaces

Empreinte écologique

Comme le montrent les schémas ci-dessus, les produits issus de l’agriculture biologique sont plus chers à court terme que des produits dits conventionnels. En revanche, à long terme, parce qu’ils n’ont pas de coût écologique, ils évitent des nuisances dont la réparation coûte cher, quand elle est possible (pollution de l’eau, dépollution des afférents, changement climatique, appauvrissement de la biodiversité, disparition des espèces dans le littoral et les rivières…)*

Apports culturels

Les biocoop sont des lieux d’échanges et de convivialité où selon Olivier Mugler (gérant canal bio : réseau biocoop) la notion de corvée des courses n’a plus lieu d’être.

Approche économique

  • Prix : 20 et 30 % plus cher que les produits (sauf sur les produits participants à l’opération « la bio, je peux »)
  • Qualité : Excellente. D’après le cancérologue Dominique Belpomme, les produits Bio sont plus riches en vitamines et antioxydants que des produits conventionnels**

Bilan et critiques

Parce qu’elles proposent des produits respectueux des hommes et de l’environnement, qu’elles sont des lieux d’échanges et de convivialité, que leurs coûts économiques et écologiques sont corrects, les Biocoop sont des magasins « Lagom. »
En comparaison, une enseigne comme Carrefour est loin d’être un lieu où l’on se sent bien. D’autre part, même si elle se targue de proposer plus de 900 produits bio, il semble difficile d’évaluer son engagement et surtout sa transparence. En témoigne, la réponse des représentants de Carrefour à la question d’un internaute : « christian JP : Sur 100 produits Carrefour, combien sont bio ? Ce n’est pas un critère que l’on suit chez nous. On se refuse à prendre des pourcentages. On raisonne plutôt en valeur absolue. Notre volonté est de satisfaire le plus grand nombre…» ***


Pour plus d’infos

www.biocoop.fr

*www.manicore.com/documentation/manger_bio.html
**www.artac.info
***http://www.carrefour.fr/etmoi/manger_equilibre/1476-article-transcript-chat-bio.htm