24
juin 09

Andines : le juste prix

Comment faire ? Comment faire pour acheter des produits à un juste prix : un juste prix pour le producteur, le transporteur, l’importateur, le distributeur et le consommateur ? Est-ce que le juste prix est le prix que le consommateur est prêt à payer ou bien le prix qui place l’homme au centre des échanges commerciaux c’est-à-dire permettant à ses différents acteurs de subvenir à leurs besoins ? C’est vers la dernière option que va Andines, une coopérative d’importation et/ou d’exportation de produits artisanaux et alimentaires qui pratique l’équité tout au long de la filière. Pour vous, j’ai rencontré sa gérante en la personne de Véronique Lacomme.

Evaluation Be Lagom d’Andines

Approche économique

  • Produits : Andines propose plus de 1500 produits allant de l’alimentation aux produits artisanaux en passant par des vêtements et accessoires.
  • Prix : Andines propose des produits allant de 1 à plus de 200 €
  • Répartition des richesses : Andines pratique une équité tout au long de la filière. Pour cela, elle cherche toujours à trouver le juste prix. Selon Véronique Lacomme, « la notion de prix équitable est abstraite. Il faut trouver un prix où il y a des débouchés sur le marché». Autrement dit, si le prix est trop élevé, il est impossible de faire du volume. S’il est trop bas, les marges dégagées ne permettent de faire vivre les différents acteurs de la filière.

Empreinte écologique

Andines propose des produits respectueux de l’environnement (produits alimentaires bio, vêtements à partir de matières premières bio…)

Apports sociaux

Structure juridique : Tout comme Ethiquable, le bar la vie enchantiée, le café culturel la coopérative, Alternatives Economiques, Andines est un coopérative, une SCOP c’est-à-dire une société non détenue par des personnes extérieures à l’entreprise.

  • Approche filière
Andines a une approche filière du commerce et place l’homme au centre des échanges commerciaux. Elle pratique l’équité au sens large du terme c’est-à-dire à travers des échanges commerciaux avec des producteurs de tous les pays du monde (France et Europe y compris).
Andines est transparent par rapport à la provenance de ses produits. Elle privilégie l’achat local à l’international et bien sûr une répartition équitable des richesses. En témoigne, le documentaire réalisé par Philippe BAQUÉ et Alidou BADINI qui fait une étude comparative entre Andines et l’Occitane qui fabriquent tous deux des cosmétiques à partir de beurre de karité venant du Burkina Faso.

Pour commander le DVD, cliquez ici

Andines a fait le choix de ne pas travailler avec Max Havelaar (MH).
Ce choix peut s’expliquer par le fait que :
  • Financé à ses débuts par des églises hollandaises, l’association MH a bénéficié d’un traitement de faveur tout à fait exceptionnelle de la part du pouvoir politique via le Ministère des Affaires Etrangères. En effet, dans le cadre du Fonds de Solidarité Prioritaire destiné à soutenir le développement du commerce équitable, MH a touché plus de 3 millions d’euros sur les 5,6 millions € de l’enveloppe. Autrement dit, MH a été financé par les contribuables*.
  • MH investit énormément dans la communication pour se faire connaître (1,9 millions d’€ sur les 3 millions d’€ reçu par le Ministère des Affaires Etrangères en 2005) au lieu d’investir dans les contrôles des coopératives. En effet, selon Christian Jacquiau, auteur du livre les coulisses du commerce équitable, en 2006, il y avait 50 contrôleurs pour un million de petits producteurs. Faute d’inspecteurs en nombre suffisant, FLO Cert en arrive à ne contrôler que les coopératives faitières c’est-à-dire que les coopératives des coopératives*.
  • MH induit le consommateur en erreur lorsqu’il parle de label. MH n’est pas un label au sens français du terme mais une marque. Selon le journaliste Michel Ebra, l’administration française donne une définition très précise du terme « label », exigeant un cahier des charges, la mise en place de contrôles indépendants et le recours à un organisme de certification lui-même indépendant et agréé par les pouvoirs publique. Dans le cas de FLO CERT, il y a cumul des 2 fonctions : contrôle et certification (MH appartient au groupe FLO international dont FLO CERT fait également partie).* Il n’existe aujourd’hui aucun label qui qualifie une démarche commerciale équitable. Dans l’alimentaire, seul le label AB répond aux exigences de l’administration française.
Andines est membre du réseau Minga. Il réunit plus de 90 entreprises qui militent pour plus d’équité dans les échanges commerciaux. Un cahier des charges a été mis en place par ce réseau.
Depuis 1999, les membres de Minga ont de l’association un espace de réflexion et d’action pour une économie plus solidaire.

Bilan et critiques

Andines est une coopérative d’importation et/ou d’exportation de produits artisanaux et alimentaires qui pratique l’équité tout au long de la filière. En comparaison à MH qui a une approche marketing du commerce équitable, on peut qualifier celle d’Andines d’approche filière car Andines s’investit principalement dans la production et peu dans la communication. Andines ne travaille pas avec « la grande distrib » car selon eux « toute garantie sur une démarche commerce équitable doit porter non seulement sur les conditions de production mais aussi sur l’activité économique, financière, sociale et environnementale de tous les opérateurs d’une filière ». Or, « la grande distrib » est très loin d’être exemplaire (marge arrière, pressurisation des fournisseurs, conditions de travail des caissières…). Je ne souhaite pas jeter la pierre à MH et faire des louanges à Andines même si Andines est bien plus transparent. En effet, pour reprendre les propos de christian Jacquiaux, « en investissant dans la communication, MH a fait beaucoup pour développer la notoriété du commerce équitable. Cette mise en lumière a permis de faire connaître le commerce équitable et de faire avancer le débat sur le caractère équitable du produit tout au long de sa filière ».
De l’ouvrier, au producteur, à la coopérative, à l’importateur, distributeur et commerçant en passant par le transporteur et j’en passe, les produits passent aujourd’hui entre de nombreuses mains. Plus la chaine est longue, plus il semble difficile d’avoir une véritable traçabilité sur ces produits.

Quelle garantie sur le commerce équitable ?

Aujourd’hui, il existe 2 alternatives. D’un côté, la marque MH qui est connu du grand public mais qui présente des limites tant ces contrôles semblent manquer de consistance et d’indépendance. De l’autre, un Système de Garantie d’Amélioration Participatif (SGAP) proposé par le réseau Minga et sa commission « Transparence et garantie ». Il propose un cahier des charges et un contrôle croisé entre les différents acteurs d’un commerce qui place l’homme au centre des échanges commerciaux. Le SGAP a pour objectifs de mettre en place un système d’information (Site Internet) pour exposer de manière claire les informations essentielles sur chacune des filières évaluées. La seule indication d’une référence de produit permettra à tout citoyen de consulter les informations nécessaires. Les limites de cette garantie qu’elle n’est pas connu du grand public et qu’elle n’est pas identifiable rapidement par le consommateur. Alors que choisir ? Personnellement, j’opterai plutôt pour la deuxième option même si un travail important doit être réalisé par le réseau Minga et les partenaires sociaux et les Administrations publiques des pays concernés (par exemple en France : AFNOR, COFRAC, ministère du Commerce, DGCCRF, Conseil de la Concurrence, etc.) afin que le SGAP se fasse connaître.

Pour plus d’infos :

*Les coulisses du commerce équitable : Christian Jacquiau (Edition Mille et une nuit)

11
mai 09

LUSH : cosmétiques frais faits main

Une boule effervescente nommée Sex Bomb à base de Jasmin pour votre bain, du sel marin et des algues adoucissantes pour laver vos cheveux, une crème de beauté fouettée au miel effronté pour hydrater votre peau etc. : c’est « l’effet LUSH », du nom de ce fabricant britannique de cosmétiques « frais et faits à la main ». En anglais, LUSH signifie luxuriant, juteux, appétissant…Depuis son arrivée en France, en 2005, LUSH a révolutionné l’art et la manière de se laver. En effet, LUSH propose une large gamme de cosmétiques sexy, fun et colorés qui sont vendus à 65 % nus c’est-à-dire sans emballage (donc bon pour l’environnement). C’est pour toutes ces bonnes raisons que j’ai rencontré Géraldine Lizard, responsable communication chez LUSH.

Evaluation Be Lagom des cosmétiques LUSH


Approche économique

  • Produit : LUSH propose des pains moussants, du beurre pour le corps, des shampooings à la pièce et liquides, des gels coiffants, des crèmes pour le corps avec du packaging recyclé et recyclable, des masques frais, des déodorants, des savons à la coupe…etc
  • Prix : Ils sont de prix équivalents à des cosmétiques de moyenne gamme. Par exemple, le shampooing à la pièce Godiva est vendu 8,75 € et permet de faire entre 50 et 80 shampooings soit l’équivalent de 3 bouteilles de shampooing vendus en grande surface.
  • Style : Comme son nom l’indique, les cosmétiques Lush sont sexy et colorés. Ils apporteront un brun de fraîcheur dans votre maison ou appartement.

Empreinte écologique

  • Matières premières : 100% des produits LUSH sont végétariens – LUSH fabrique à la main des produits efficaces à base des fruits et des légumes biologiques frais, des huiles essentielles les plus précieuses et des substances synthétiques sures. LUSH n’utilise que des substances végétariennes et des emballages végétaliens. 75% des produits LUSH sont végétaliens – Ils ont été certifiés par l’association Vegan Society. 70% des produits LUSH ont été fabriqués sans agents conservateurs – LUSH s’efforce de développer des produits sans substances synthétiques et sans agents conservateurs. Si ceci se révèle impossible, Lush utilise les plus petites quantités possibles des agents conservateurs surs. Ceci signifie que les produits peuvent être conservés pour une durée de seulement 14 mois. Par contre, ils sont plus respectueux de l’environnement et mieux pour les êtres humains. 100% des produits LUSH ainsi que toutes les matières premières utilisées sont absolument sans expérimentations animales. Pour lutter contre la déforestation, Lush ne conçoit plus de produit à base d’huile de palme. (cf article WWF : protéger la forêt)

  • Emballage : 65% des produits LUSH sont emballés exclusivement dans du papier – LUSH est donc unique dans la mesure où ils vendent des produits qui sont «nus» et solides tels que des savons, des bains moussants, des shampooings et des après-shampooing, des barres de massage, des gels de douche, des beurres pour le corps, des déodorants et des nettoyants visage. Si tous les 57 millions utilisateurs et utilisatrices des shampooings utilisaient des barres de shampooing solides LUSH, nous pourrions économiser 22 millions de bouteilles et 6m3 des shampooings contenant des agents conservateurs. (cf vidéo : campagne Get Naked)
[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=SlaDOH7Dbps&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01&border=1]
  • Transport : le fait d’utiliser des produits sans emballage permet de limiter les émissions de CO2 liées au transport. En effet, l’équivalent d’un camion qui transporte des shampooings sans emballage équivaut à 15 camions qui transportent des shampooings avec packaging.

Apports sociaux


Les cosmétiques LUSH sont faits à la main et fabriqués en Angleterre. Certaines matières premières sont produites selon les principes du commerce équitable.
Depuis quelques mois, Lush a lancé une opération appelé « caritativement belle ». La vente (hors TVA) de cette crème pour le corps et les mains sera reversé à Peta France, une association pour le droit des animaux (son prix : 18,95 € pour 240 g)

Apports culturels

LUSH ne fait pas du bio mais fait preuve de transparence concernant la composition de ces produits. En effet, dans son catalogue en papier recylé, les produits naturels sont indiqués en vert et le reste en noir.

Bilan et critiques

LUSH est une marque de cosmétiques frais faits main. Ces produits ne sont pas bio ni 100 % naturel et issu du commerce équitable, mais LUSH a le mérite d’être transparent et de proposer des produits sans emballage (pour 65 % d’entre eux). Et pour le reste ? Pourquoi Lush ne propose pas que des produits sans emballage ? Et bien, parce que généralement les cosmétiques sont vendus avec un packaging et LUSH veut donner la possibilité aux consommateurs les plus sceptiques de tester ses produits. D’autre part, les emballages utilisés sont recyclés et recyclables. Enfin, LUSH propose des produits ludiques, fun, sexy qui changent vraiment des cosmétiques traditionnels vendus dans un packaging tout blanc. Bref, dans l’idéal, un cosmétique devrait être bio, constitué de matières premières issu du commerce équitable, sans emballage et bien évidement bon pour la peau. LUSH n’est pas parfait mais à une démarche innovante en termes d’emballage et de présentation des produits. Je vous invite donc à vous rendre dans l’une de leurs boutiques ou sur leur site internet pour tester leurs pains moussants, crèmes pour les mains et masques frais afin de devenir une beauté Lagom.

Pour plus d’infos :

Vous pouvez également devenir ami(e) avec « lushons-nous Saint Antoine » sur Face Book