OGM j’en veux pas avec Greenpeace

En février 2008, le gouvernement français a suspendu la culture d’un maïs OGM (le MON 810 commercialisé par Monsanto). Elle fait partie des 8 pays d’Europe à avoir refusé la culture d’OGM sur son territoire. Cette absence de culture OGM n’empêche pas la présence de produits OGM sur le territoire français. En effet, des produits contenant des OGM sont présents dans nos supermarchés. Ils nous viennent le plus souvent d’Amérique du nord (les Etats Unis et le Canada représentent 56 % des cultures mondiales d’OGM). Alors que les chercheurs sont unanimes sur les ravages causés par les OGM sur la biodiversité et que de sérieux doutes persistent sur ses conséquences néfastes sur la santé, la communauté européenne se défend auprès des consommateurs de la présence de ces produits OGM par la mise en place d’une loi en 2004 obligeant la signalisation des produits contenant plus de 0.9 % d’OGM. Le consommateur aurait donc la liberté de consommer ces produits en connaissance de cause. Face aux dangers que représentent les OGM pour la santé humaine et la biodiversité, est-ce que l’Europe ne devrait pas appliquer le fameux principe de précaution ? D’autre part, au jour d’aujourd’hui, il existe aucune traçabilité OGM sur les produits animaux c’est-à-dire que nous avons aucun moyen de savoir si le bœuf présent dans notre assiette a été nourri ou non avec des céréales OGM. C’est pour mieux comprendre ce que sont des produis OGM, leurs conséquences sur la biodiversité ainsi que pour savoir comment nous pouvons agir en tant que consommateur que j’ai rencontré Rachel Dujardin, chargé de campagne anti OGM chez Greenpeace France.

Définition

Un OGM est un Organisme Génétiquement Modifié (OGM).C’est un organisme vivant (micro-organisme, plante, animal) dont on a modifié le patrimoine génétique pour le doter de propriétés que la nature ne lui a pas attribuées. Pour y arriver, on a inséré un ou plusieurs gènes étrangers dans son ADN. Un OGM est donc un organisme dont on a « bricolé » l’ADN. Aujourd’hui, la création d’OGM sert surtout en agriculture. On modifie le patrimoine génétique d’une plante pour la rendre résistante à un herbicide ou pour qu’elle produise un insecticide en continu (parfois les deux).
Dans le premier cas, cela permet d’utiliser des herbicides sans crainte de tuer les plantes génétiquement modifiées. Dans le second cas, cela évite le recours à un insecticide pendant la croissance des plantes puisqu’elle le secrète elle-même !
Mais, ce qui peut apparaître comme un progrès, présente en réalité de nombreux risques.

Evaluation Be Lagom des OGM

Approche économique

Aucune étude à long terme sur les risques sanitaires liés à la consommation d’OGM. Leur innocuité pour la santé humaine n’a pas été démontrée. Personne n’est donc en mesure de garantir que les OGM sont sans danger. Les OGM présentent de ce fait un coût potentiel pour la santé publique.
Puisqu’ils nuisent à la biodiversité (cf empreinte écologique), ils représentent un coût écologique et donc économique que nous devrons payer un jour ou l’autre.
De plus, la politique de capitalisme sauvage mené par des producteurs mondiaux de semences comme Mosanto ont endetté de nombreux paysans notamment en Inde où criblés de dettes, plus de 160 000 paysans indiens se sont suicidés en Inde depuis 1997.*
Ces mêmes industriels des OGM voudraient nous faire croire que les OGM sont la solution à la faim dans le monde. Les chiffres prouvent le contraire. Les OGM n’augmentent pas significativement les rendements agricoles. Il est même arrivé pour certaines variétés de soja OGM que les rendements soient moins importants que ceux des sojas traditionnels !
Les industriels des OGM vont à l’encontre d’une agriculture durable en votant pour :
  • une standardisation des pratiques agricoles à travers le monde
  • une dépendance totale des petits paysans à l’égard de grandes multinationales qui leur vendent semences, engrais et pesticides, et les obligent à les leur racheter chaque année
  • une agriculture qui ne respecte pas l’environnement.
En somme, même si les semences OGM ne coûtent pas plus cher à l’achat pour les agriculteurs ils présentent un coût supérieur par rapport à une agriculture conventionnelle et encore davantage si on la compare à l’agriculture bio car ils nuisent à la biodiversité, vraisemblablement à la santé humaine et n’offre pas des rendements supérieurs sur le moyen et long terme.

Empreinte écologique

Plus de pollutions, moins de biodiversité

Avec une plante non-OGM, l’agriculteur ne peut appliquer d’herbicide qu’avant la pousse. Avec une plante OGM résistante à un herbicide, il peut en utiliser tout au long de la pousse, puisque la plante est faite pour résister à cet herbicide. L’agriculteur va donc en utiliser beaucoup plus. Cela veut dire plus de pollutions des sols et des nappes phréatiques.
En outre, utiliser cet herbicide en permanence, c’est prendre le risque de voir apparaître de mauvaises herbes qui vont devenir résistantes à cet herbicide.
Dans le cas d’un OGM qui produit son propre insecticide (comme le MON 810 autorisé en Europe mais provisoirement interdit en France), c’est le même schéma. Les insectes peuvent développer une résistance à l’insecticide à force d’y être exposé. En plus, cet insecticide menace des insectes « non-ciblés » comme les papillons ou les coccinelles.

Produits animaux

80% des animaux d’élevage consomment des OGM, principalement du soja importé du continent américain. Nos vaches, nos cochons, nos volailles… sont presque toujours nourris aux OGM. Les produits issus de leur élevage peuvent donc contenir des OGM. Or, la réglementation sur l’étiquetage n’impose pas d’indiquer si ces produits proviennent d’animaux élevés ou non aux OGM. Nous n’avons donc aucun moyen de savoir si la viande, le lait, les œufs et tous les produits dérivés (yaourts, biscuits…) que nous achetons contiennent ou non des OGM. Nous consommons donc forcément des OGM de manière indirecte. Par le biais de l’alimentation animale, les OGM entrent dans la chaîne alimentaire.

Apports sociaux

Menaces pour la santé humaine

Il n’existe aucune étude à long terme sur les risques sanitaires liés à la consommation d’OGM. Leur innocuité pour la santé humaine n’a pas été démontrée. Personne n’est donc en mesure de garantir que les OGM sont sans danger.
Par contre, des risques potentiels ont été identifiés : les risques d’allergies, l’affaiblissement des antibiotiques et un risque de toxicité.

Menaces éthiques

Les OGM posent un problème éthique fondamental. Le choix de quelques-uns met en péril la liberté du plus grand nombre. D’abord, parce que la culture des OGM empêche toute autre forme d’agriculture (on l’a vu). Pour arriver à créer une étanchéité toute relative entre cultures OGM et filières non-OGM, ces dernières doivent dépenser beaucoup d’argent. Le surcoût pour un agriculteur non-OGM est de 5 à 37 euros par tonnes de maïs non-OGM. C’est clairement une atteinte au principe du pollueur-payeur. Dans les faits, ce n’est pas l’agriculteur OGM qui paie mais l’agriculteur non-OGM qui assume le choix imposé par son voisin. L’agriculture non-OGM doit alors se résoudre à baisser ses bénéfices ou à répercuter le surcoût sur le prix du produit, donc sur le consommateur.
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Bilan et critiques


Les OGM sont des organismes génétiquement modifiés qui présentent de nombreux risques pour la planète et la santé humaine. Même si leur culture est interdite en France, des produits OGM sont importés sur le territoire français. Ces derniers doivent depuis 2004 être étiquetés. En revanche, il y a aucune traçabilité sur les produits animaux. On ne sait pas par exemple si la viande de l’animal qu’on mange n’a pas été nourri avec des cultures OGM. Enfin, on a aujourd’hui très peu d’information sur les conséquences des OGM sur la santé humaine. Toutes ces menaces laissent à penser qu’il faut éviter de consommer d’une manière directe ou indirecte des produits qui contiennent des OGM. Il n’existe que deux moyens pour éviter leur consommation :

Pour en savoir plus

www.greenpeace.org

http://www.infogm.org/

Ouvrage de référence : « Le monde selon Monsanto : de la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien » de Marie Monique Robin (Edition Broché).

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5 comments

  1. Le plus énervant avec les OGM, c’est cette propention a tenter de créer de toute pièce ce que la nature fait très bien. Pour cahque besoin « légitimant » les recherches de multinationale, il y a une plante naturelle qui répond à ce besoin. Mais les graines de cette plante sont interdite à la vente…

  2. […] du salon planète durable. Le problème c’est que, mise à part Alter Eco et des ONG comme Greenpeace, ce salon ne rassemble que des grandes entreprises qui sont soit disant engagées dans le […]

  3. […] l’invitation du Retour à la Terre, Christian Vélot animera une soirée débat sur les OGM. Christian Vélot est docteur en Biologie et maître de conférences en génétique moléculaire à […]