Protège la forêt avec WWF en consommant Lagom

Depuis le cri d’alarme lancé en 1993 lors de la conférence de Rio, la déforestation n’a malheureusement pas diminuée. 13 à 14 millions d’hectares de forêts disparaissent encore tous les ans. Les forêts tropicales sont les plus touchées par ce phénomène. Les causes de la déforestation sont essentiellement liées la transformation de la forêt en cultures agricoles (soja, huile de palme) et la surexploitation du bois. Cette déforestation a des conséquences graves au niveau climatique (modification des régimes de pluie, émissions de gaz à effet de serre estimées à 20%), et au niveau de la perte de la biodiversité. De plus, on estime que plus de la moitié des espèces animales et végétales vivant en milieu terrestre se trouvent dans les forêts. C’est pour mieux comprendre ce phénomène et surtout pour savoir comment en tant que consommateurs nous pouvons lutter contre la déforestation que j’ai rencontré Emmanuelle Neymourande, responsable Forêt au WWF.

Evaluation Be Lagom d’une consommation protégeant les forêts


Les cultures du soja, de l’huile de palme et la surexploitation du bois sont les principales causes de la déforestation. Nous nous appuierons donc sur ces dernières pour l’évaluation Be Lagom.

Evaluation Be Lagom du soja

Empreinte environnementale

Le soja fournit 90% des protéines pour l’alimentation animale en France. Or la France est complètement dépendante des importations pour le soja, dont 74% vient du Brésil. C’est ainsi un cinquième des exportations du soja produit par le Brésil qui vont vers la France. Un Français mange en moyenne 92 kg de viande, 250 œufs et une centaine de kilos de produits laitiers chaque année, ce qui nécessite une surface cultivée en soja de 458 m² par habitant pour répondre aux besoins en alimentation animale. . Or les nouvelles plantations de soja, qui prennent place suite à l’augmentation de notre consommation, causent une déforestation de l’Amazonie. Ainsi un Français est responsable de la déforestation de 16 m2 de forêt amazonienne par sa consommation de viande.
Pour lutter contre la déforestation, nous devons :
  • Limiter notre consommation de viande.
  • Remplacer au moins 2 ou 3 fois par semaine la viande par des protéines végétales (mélange de céréales et de légumineuses : très équilibré sur le plan nutritionnel) et 2 ou 3 fois par semaine par du poisson certifié MSC, pour un poisson sauvage, ou d’un élevage de proximité pour le poisson d’élevage, des produits laitiers ou des œufs, car ces derniers nécessitent moins de soja.
  • Préférer des viandes à faible empreinte (lapin et volaille), la viande bio même si cela ne garantit pas toujours l’absence de déforestation, les élevages extensifs (c’est le cas le plus souvent pour les appellations AOC/AOP, le Label Rouge, les races à viande pour le bœuf) et la viande produite localement.
  • Pour l’agneau, privilégier l’agneau d’herbe (40% de la production française) à l’agneau de bergerie qui consomme de 1 à 8 kg de soja par jour selon son âge.
  • Privilégier les animaux élevés à l’herbe.
  • Utiliser notre pouvoir de consommateur pour encourager des systèmes de production durable et exiger de la transparence (étiquetage de la présence de soja OGM ou non) en écrivant aux industriels et distributeurs pour leur demander quelles sont les garanties environnementales et sociales sur le soja utilisé.

Approche économique

L’une des meilleures manières de lutter contre la déforestation serait de ne plus manger de viande. Or, en France, pays de la gastronomie cela semble difficile de changer radicalement nos habitudes. Sachez tout de même que « être végétarien a un coût mais il est dérisoire en comparaison avec celui nécessaire pour une alimentation carnée »*.
L’autre alternative est de manger des viandes à AOC type Label Rouge. Cela représente un coût mais si on mange moins souvent de la viande et que la qualité est meilleure, on s’y retrouve.

Apports sociaux

Consommer de la viande AOC local permet de préserver des emplois dans nos régions.

Apports culturels

Consommer local en achetant sa viande chez le boucher ou directement auprès du producteur vous permettra de créer des liens avec vos concitoyens et de savoir qui produit ce que vous mettez dans votre assiette.

Evaluation Be Lagom de l’huile de palme

Empreinte environnementale

Pour répondre aux besoins des industriels, 1.5 millions d’hectares de forêt vierge sont déboisés chaque année (soit 1 terrain de foot toutes les 15 secondes). En effet, l’huile de palme est présente dans un produit de grande consommation sur dix vendus en Europe. En remplaçant ces forêts par des cultures telles que le palmier à huile, la biodiversité passe de 100% dans une forêt primaire indonésienne à 1% dans les monocultures de palmiers. Des animaux emblématiques comme l’orang-outang ou l’éléphant sont menacés de disparition. De plus, les planteurs de palmiers à huile déboisent en provoquant des incendies responsables d’importantes émissions de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique. C’est ainsi que l’Indonésie est le troisième émetteur de gaz à effet de serre au niveau mondial derrière les Etats Unis et la Chine. A ce rythme, on estime que la forêt vierge indonésienne aura quasiment disparue dans 30 ans.
17 m² de palmiers à huile sont nécessaires pour satisfaire les besoins annuels d’un Français dont 9 m² sur des zones déboisées de forêts tropicales en Indonésie et Malaisie. 61% des chips contiennent de l’huile de palme et 26% des biscuits en moyenne (parfois à hauteur de 40% des ingrédients)! L’huile de palme est très utilisée dans les cosmétiques et produits d’hygiène (savons, shampooing, maquillage, produits vaisselle…). Le terme « matière grasse végétale » cache très souvent de l’huile de palme.
Pour lutter contre la déforestation, nous devons :
  • Diminuer notre consommation en produits contenant de l’huile de palme : frites, chips, biscuits, sauces, mayonnaises, pâtes à tarte, pâtes à tartiner…etc
  • Eviter d’acheter si l’étiquette mentionne « matière grasse végétale » sans plus de précisions.
  • Identifier sa présence dans les cosmétiques : son nom latin est Elaeis guineensis, mais on peut aussi trouver : Palm acid (dérivé de l’huile de palme), Sodium palmate pour l’huile de palme et Sodium palm kernelate pour l’huile de palmiste.
  • Privilégier les produits issus de l’agriculture biologique, car, à ce jour, ils ne proviennent pas de la déforestation même si le critère n’est pas inclus dans le cahier des charges.
  • Utiliser notre pouvoir de consommateur pour encourager des systèmes de production durable en écrivant aux industriels et distributeurs pour leur demander quelles sont les garanties environnementales et sociales de l’huile de palme utilisée.

Approche économique

Pour beaucoup de familles françaises, manger des chips et des biscuits fait partie intégrante de notre culture, notamment au moment de l’apéro. Néanmoins, elles ne sont pas vitales. On peut donc s’en passer ou limiter notre consommation surtout si un bon repas nous attend derrière. Ne pas en consommer ou en consommer moins c’est faire des économies.
Pour les cosmétiques, favoriser l’achat de cosmétiques bio. Ils sont un peu plus chers mais meilleur pour la peau car naturel (sans produit chimique)

Evaluation Be Lagom de la surexploitation du bois

Empreinte environnementale

Selon WWF, un hectare de forêt tropicale disparaît toutes les deux secondes, et avec lui de nombreuses espèces d’animaux et de végétaux s’éteignent, parfois même avant d’avoir été découvertes par l’homme… C’est une précieuse source d’approvisionnement en matières premières qui disparaît avec ces espèces (bois, médicaments, aliments…). En effet, les forêts abritent plus de la moitié des espèces vivantes terrestres et 350 millions de personnes en dépendent directement pour leur survie.

Ce bois est utilisé pour produire du papier mais également des objets en bois. Or près de 40% des importations de bois tropical seraient d’origine illégale. La France est l’un des principaux importateurs de bois tropical en Europe et le premier importateur de bois africains. Les consommateurs publics et privés ont donc un rôle important à jouer.
Pour protéger la forêt, nous devons :
  • diminuer le plus possible notre consommation de papier
  • privilégier en priorité les papiers recyclés post-consommation, c’est à dire issus de papiers ayant déjà servis au moins une fois (et non avant leur utilisation, comme des déchets d’usine). Les papiers hygiéniques ne pouvant pas être recyclés après usage, il est particulièrement important qu’ils soient fabriqués à partir de papier recyclé. Les labels Ange Bleu, FSC recyclé, ou Apur 100% vous le garantissent. A défaut, le papier fabriqué à partir de fibres vierges certifiées FSC vous assure que la forêt dont sont issues les fibres de bois a été bien gérée.
  • Recycler les papiers et imprimés usagés.
  • Acheter des parquets et meubles en bois portant le label FSC (gestion saine et durable des forêts)
  • Sinon, privilégier des fabricants près de chez nous utilisant du bois local, ce qui limite l’impact du transport et l’exploitation illégale des forêts tropicales.

Approche économique

Peu d’information à ce sujet. Ce qu’il y a de sûr c’est qu’un label a toujours un prix. Acheter du bois FSC devrait donc coûter plus cher. Idem pour l’achat de bois local. « En France, le travail est encadré par des lois et des normes sociales strictes. Les salariés des entreprises bénéficient d’une couverture sociale et de conditions de travail contrôlées, notamment en matière de sécurité. Ces exigences législatives françaises entraînent un surcoût mais c’est le prix de la « haute qualité sociale » dont bénéficient les employés. Favoriser les achats de bois transformé localement c’est être sûr de consommer un produit réalisé dans des conditions de travail et de sécurité rigoureuses »**.

Apports sociaux

Acheter du bois local contribue au développement local. « La filière bois-papier française représente 500 000 emplois. Les professionnels de la filière bois estiment par ailleurs que 40% du potentiel forestier français est inexploité, ce qui rend possible la création de nouveaux emplois. Aujourd’hui, un bois qui vient de l’autre bout du monde coûte parfois moins cher que certains bois locaux et cette situation économique menace des métiers traditionnels comme le bûcheronnage manuel ou les artisans menuisiers »**.

Bilan et critiques

La déforestation est un phénomène mondial qui touche principalement les forêts tropicales. Parce qu’elles absorbent un cinquième des émissions humaines de gaz carbonique, les forêts tropicales sont essentielles à la vie humaine sur terre***. Pour lutter contre la déforestation, je vous invite donc à :
  • manger moins de viande ou de la viande AOC
  • réduire votre consommation biscuit et de chips
  • diminuer votre consommation de papier et d’utiliser du papier recyclé
  • acheter des cosmétiques bio
  • acheter du bois local ou FSC pour construire votre maison ou la meubler.

Pour plus d’infos :



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4 comments

  1. […] Pour lutter contre la déforestation, Lush ne conçoit plus de produit à base d’huile de palme. (cf article WWF : protéger la forêt) Emballage 65% des produits LUSH sont emballés exclusivement dans du papier – LUSH est […]

  2. […] Matières premières : 100% des produits LUSH sont végétariens – LUSH fabrique à la main des produits efficaces à base des fruits et des légumes biologiques frais, des huiles essentielles les plus précieuses et des substances synthétiques sures. LUSH n’utilise que des substances végétariennes et des emballages végétaliens. 75% des produits LUSH sont végétaliens – Ils ont été certifiés par l’association Vegan Society. 70% des produits LUSH ont été fabriqués sans agents conservateurs – LUSH s’efforce de développer des produits sans substances synthétiques et sans agents conservateurs. Si ceci se révèle impossible, Lush utilise les plus petites quantités possibles des agents conservateurs surs. Ceci signifie que les produits peuvent être conservés pour une durée de seulement 14 mois. Par contre, ils sont plus respectueux de l’environnement et mieux pour les êtres humains. 100% des produits LUSH ainsi que toutes les matières premières utilisées sont absolument sans expérimentations animales. Pour lutter contre la déforestation, Lush ne conçoit plus de produit à base d’huile de palme. (cf article WWF : protéger la forêt) […]

  3. […] -> Pour mieux comprendre la relation qu’il existe entre consommation et déforestation, vous pouvez lire le portrait réalisé par Be Lagom […]

  4. […] Sur les enjeux liées à la déforestation : http://www.belagom.com/2009/04/08/protege-la-foret-avec-wwf-en-consommant-lagom/ […]